Entretien de mi-carrière : la nouvelle obligation employeur à 45 ans
L'entretien de mi-carrière est obligatoire depuis le 26 octobre 2025. Il s'organise dans les deux mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière, autour de 45 ans. Voici ce qu'il doit contenir, qui est concerné, et ce que risque l'employeur qui l'oublie.
Qu'est-ce que l'entretien de mi-carrière ?
C'est un entretien de parcours professionnel à contenu renforcé, centré sur la deuxième partie de carrière du salarié.
La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, dite loi seniors, a transformé l'entretien professionnel en entretien de parcours professionnel, et créé deux rendez-vous renforcés. Le premier est l'entretien de mi-carrière. Il ne s'ajoute pas aux autres entretiens. C'est l'entretien de parcours professionnel qui tombe à ce moment-là, enrichi de thèmes spécifiques.
Il ne porte jamais sur l'évaluation du travail. Il reste distinct de l'entretien annuel.
Quand l'entretien de mi-carrière doit-il avoir lieu ?
Dans les deux mois suivant la visite médicale de mi-carrière, qui intervient autour des 45 ans du salarié.
Le déclencheur n'est pas l'âge seul. C'est la visite médicale de mi-carrière prévue à l'article L.4624-2-2 du Code du travail, organisée par la médecine du travail autour de 45 ans. Le IV de l'article L.6315-1 impose à l'employeur d'organiser l'entretien dans les deux mois qui suivent cette visite.
À l'employeur de suivre le calendrier pour ne pas laisser passer la fenêtre. L'employeur n'a pas accès aux données de santé du salarié.
Que doit aborder l'entretien de mi-carrière ?
Le socle, à chaque entretien
- Compétences mobilisées et leur évolution
- Parcours et perspectives d'emploi
- Besoins de formation
- Souhaits d'évolution, reconversion, VAE
- Compte personnel de formation
En plus, à la mi-carrière
- Prévention de l'usure professionnelle
- Adaptation et aménagement du poste de travail
Article L.6315-1 du Code du travail, loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025.
Les cinq thèmes de l'entretien de parcours professionnel, plus la prévention de l'usure professionnelle et l'adaptation du poste.
En plus du socle commun, le salarié et l'employeur abordent des sujets propres à la mi-carrière :
La prévention de l'usure professionnelle.
L'adaptation ou l'aménagement du poste de travail.
Les besoins de formation pour la suite de la carrière.
Les souhaits de mobilité interne ou de reconversion.
L'objectif est d'anticiper la seconde partie de carrière et de préserver la santé au travail. Le cas échéant, les mesures proposées par le médecin du travail à l'issue de la visite sont évoquées lors de l'entretien.
Qui est concerné, et depuis quand ?
Tous les employeurs, sans condition d'effectif, depuis le 26 octobre 2025.
L'obligation ne dépend d'aucun seuil de taille. Le contenu enrichi s'applique déjà depuis le 26 octobre 2025. Les entreprises et les branches couvertes par un accord sur la périodicité des entretiens ont jusqu'au 1er octobre 2026 pour le mettre en conformité.
L'entretien se déroule sur le temps de travail. Il est conduit par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction. Il donne lieu à un document écrit, dont une copie est remise au salarié.
Que risque l'employeur qui ne le fait pas ?
Un abondement correctif du compte personnel de formation, et un risque de contentieux.
Les entretiens nourrissent l'état des lieux récapitulatif réalisé tous les huit ans. Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, si le salarié n'a pas eu ses entretiens et n'a bénéficié d'aucune formation non obligatoire sur la période, son compte personnel de formation doit être abondé de 3 000 euros.
À cela s'ajoute le risque prud'homal sur l'obligation de formation et d'adaptation du salarié à son poste. Le document écrit de chaque entretien est la preuve qui compte en cas de contrôle.
Ne pas confondre mi-carrière et fin de carrière
Entretien de mi-carrière
Déclencheur. La visite médicale de mi-carrière.
Délai. Dans les deux mois qui suivent.
Objet. Usure professionnelle, adaptation du poste, mobilité.
Entretien de fin de carrière
Déclencheur. L'entretien de parcours qui tombe dans la fenêtre.
Délai. Avant le 60e anniversaire.
Objet. Maintien dans l'emploi, temps partiel, retraite progressive.
Loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, article L.6315-1 du Code du travail.
Le mi-carrière prépare la suite à 45 ans. L'entretien de fin de carrière organise le départ dans les deux ans avant 60 ans.
La loi crée deux rendez-vous renforcés, à deux moments. Le mi-carrière, autour de 45 ans, est tourné vers l'usure professionnelle et l'adaptation du poste. L'entretien de fin de carrière, lui, dans les deux ans qui précèdent le 60e anniversaire, porte sur le maintien dans l'emploi, le temps partiel et la retraite progressive.
C'est ce second rendez-vous qui exige une vraie expertise retraite. Nous le détaillons dans notre guide dédié : l'entretien de parcours professionnel avant 60 ans.
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Questions fréquentes
L'entretien de mi-carrière est-il obligatoire ?
Oui. Il est obligatoire depuis le 26 octobre 2025, en application de la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, pour tous les employeurs, quelle que soit la taille de l'entreprise.
À quel âge a lieu l'entretien de mi-carrière ?
Il suit la visite médicale de mi-carrière, qui intervient autour de 45 ans. L'employeur doit l'organiser dans les deux mois suivant cette visite.
L'entretien de mi-carrière remplace-t-il l'entretien professionnel ?
Non. C'est l'entretien de parcours professionnel, qui a remplacé l'entretien professionnel, dans une version enrichie de thèmes propres à la deuxième partie de carrière. Il ne s'agit pas d'un entretien supplémentaire.
Quelles entreprises sont concernées ?
Toutes, sans seuil d'effectif. Une entreprise de huit salariés est tenue de l'organiser comme un grand groupe.
Que risque un employeur qui ne l'organise pas ?
Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, un abondement correctif de 3 000 euros sur le compte personnel de formation du salarié, apprécié sur huit ans. À cela s'ajoute le risque de contentieux prud'homal.
Sources : loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 ; articles L.6315-1 et L.4624-2-2 du Code du travail ; questions-réponses du ministère du Travail.